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Vient de paraître

N° 8 et 9 Corps en guerre – tome 1 et 2

respectivement 264 pages, illustré, couleur, 15 €
et 240 pages, illustré, couleur, 15 €
 
Pour les stratèges militaires, les corps combattants constituent des objectifs mous, ou des cibles tendres, à neutraliser avec efficacité. Les civils, eux, subissent de plein fouet les violences de guerre : bombardements stratégiques, épurations, embargos, destructions économiques, dommages collatéraux...
Le corps de l'ennemi, façonné par des idéologies haineuses, focalise des dégoûts, des exécrations, des peurs et un racisme, qui favorisent la tuerie et confortent le geste exterminateur.
Mais les corps en guerre sont aussi des corps enrégimentés, galvanisés, pour monter à l'assaut, formés aux techniques de l'élimination physique, fanatisés jusqu'au sacrifice, tous enrôlés pour tuer.

Ces volumes de Quasimodo analysent le traitement des corps dans les opérations guerrières, les actes terroristes et les massacres génocidaires.

 

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Présentation

Ce site vous propose principalement des informations sur les publications de la revue Quasimodo, qui est spécialisée dans les analyses socio-politiques du corps.
Il vous est donc possible d’y consulter le sommaire de chaque numéro paru, ainsi que divers comptes-rendus de presse le concernant, mais également de télécharger des articles ou l’intégralité d’ « anciens » numéros, ainsi que des textes publiés ailleurs par des membres de la rédaction.
Vous trouverez également les adresses des librairies qui nous diffusent.

Cordialement,
Esméralda

numéro 7
Modifications corporelles
numéro 6
Fictions de l'étranger
numéro 5
Art à contre-corps
numéro 3/4
Nationalismes sportifs
numéro 2
Corps incarcérés
numéro 1
Sport et nationalisme
Ouvrage collectif
Sport et virilisme

A propos de Quasimodo

Sylvain marcelli, L'interdit

Comment percevons-nous notre propre corps ? Le corps de l’autre est-il fondamentalement différent ? Ces questions, d’ordre esthétique, ont une dimension excessivement politique : le corps de l’autre renvoyé à une étrangeté fondamentale est souvent prétexte à la discrimination et au rejet. Or, la perception de cette différence n’est pas un phénomène aussi naturel qu’on voudrait le penser. Le bizarre, c’est toujours l’autre, le normal c’est toujours soi. Et pourtant nous sommes aussi différents de lui que lui de nous… Donc bizarre nous le sommes aussi pour l’autre.

La bien nommée revue Quasimodo s’intéresse depuis octobre 1996 à ces questions. « L’Autre corporellement différent, écrivent ses promoteurs, porteur d’une différence anatomique réelle ou imaginaire, est un Quasimodo potentiel. Il fait affront au corps légitime et engendre des entreprises visant à le remettre d’aplomb, à le rendre conforme, ou encore à le contenir, l’écarter ou l’éradiquer. Et c’est ainsi que s’exerce sur les corps un pouvoir invisible ou, pour le dire autrement, que fonctionne le désir de conformité. » Dans ses premières livraisons (toujours denses et passionnantes, à raison d’un numéro par an), Quasimodo s’est plus particulièrement intéressé aux représentations et aux pratiques des corps dans le milieu sportif (distingué pour son « virilisme »), dans la prison (« corps incarcérés »), dans un art subversif (« art à contre corps »). Le dernier numéro, particulièrement consistant (près de 250 pages), est consacré aux « fictions de l’étranger ». Il s’ouvre sur une histoire de la représentation des corps hutus et tutsis au Rwanda, avant et pendant le génocide. Il se referme tout aussi judicieusement sur « quelques remarques à propos de la représentation du corps chez les personnes atteintes du VIH ».

A mi-parcours le lecteur aura lu avec jubilation la dissection du phénomène dit « United colors of France qui gagne » – ou comment la victoire de la France à la Coupe du monde de football a permis de légitimer dans tous les médias, en toute bonne conscience, une vision raciale de la nation.

En lutte contre la dictature de la normalité, Quasimodo évite de remplacer une conception figée des corps et, à travers eux, de la société, par une autre, en faisant appel à des signatures venues d’horizon très divers. Portés par des philosophes, historiens, journalistes, psychologues ou sociologues, les points de vue, graves, sérieux ou amusés, apportent chacun leur éclairage sur la problématique du numéro. Les choix iconographiques, extrêmement riches, éclairent avec humour les textes : Quasimodo se lit autant qu’il se voit. La rédaction ajoute d’ailleurs avec ironie : « Les auteurs ne peuvent être tenus pour responsables de l’iconographie qui illustre leurs articles. »

Quasimodo n’a pas besoin de haut patron pour justifier de son intérêt. Pourtant un nom s’impose. Michel Foucault est présent, par la voix d’un texte court publié pour la première fois par Libération en 1983, dans le numéro consacré aux corps incarcérés. En réalité, il irrigue de manière souterraine toutes les livraisons de Quasimodo : le philosophe se serait probablement reconnu dans la méthode archéologique de cette revue ambitieuse et dans sa volonté de questionner l’emprise du pouvoir sur les corps.